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VERS LA TERRE PROMISE (article paru dans le numéro 337 de Feu et Lumière en avril 2014)

L’aventure a commencé en février 2009. Notre ami Jean-Noël venait de rejoindre le Père. Sa jeune épouse envisageait de vivre un pèlerinage en Terre Sainte dans le courant de l’été suivant et nous demanda de l’accompagner. Curieusement, ni mon mari, ni moi n’avions été attiré auparavant par une visite des lieux saints, même en pélé, mais par amitié nous serions allés au bout du monde. Durant 2 semaines, nous avons vécu au rythme de ce merveilleux pays, tour à tour conquis par la rudesse du désert, la beauté des paysages, les reflets changeants de la mer de Galilée, la visite des lieux saints, la rencontre des chrétiens de Terre Sainte, tellement oubliés par notre monde occidental. Quelle joie ce fut de  mettre nos pas dans ceux du Christ après nous être laissé dépouillés de notre superflu par de longues heures de marche au désert! Et puis nos pas sont arrivés “devant tes portes Jérusalem”. La ville sainte… Je crois que nous avons pu alors expérimenter que “Tout homme a en Sion sa mère!”. J’aime à dire que Jérusalem est “une plaie au coeur”.  “Que ma langue s'attache à mon palais, Si je ne me souviens de toi, Si je n'élève Jérusalem Au-dessus de toutes mes joies !” (ps 137, 6).

Ce que nous avions vécu pendant ces quelques jours, nous ne pouvions imaginer ne pas le faire découvrir à nos enfants. De même que nous n’avions qu’un désir: repartir! Aussi, à peine descendus de l’avion, promettions nous à nos 5 petits de les y emmener… un jour. Le temps passait, la famille s’était agrandie. Ce qui était difficilement envisageable avec 5 enfants devenait impossible avec 7. Pourtant, une promesse est une promesse.

Peu de temps après la naissance de notre dernière fille,  l’idée a germé de vendre des bracelets cathos, dans un triple but: financer notre projet familial, évangéliser par le beau, proposer des bijoux accessibles à tous les budget. Sur le plan concret, une aumônerie a joué le jeu en nous passant une première commande en novembre 2012, nous permettant ainsi de financer nos premiers achats de matériel. Je pensais naïvement avoir du temps pour lancer notre affaire mais la visite de mon frère, enthousiasmé par le projet, a précipité le mouvement: nous devions nous lancer avant Noël. Nous avons beaucoup travaillé et peu dormi pendant ces quelques semaines pour mettre en place un catalogue qui tienne la route,  réaliser un site internet (j’ai un mari très doué!), relayer à nos contacts l’existence de ce site et répondre aux premières commandes.

Vers la Terre Promise appartient au Bon Dieu, c’est lui le patron, il gère les commandes: si je suis débordée ou prise par tel ou tel service, nous n’avons aucun client. En revanche dès que je suis disponible, les commandes arrivent, et uniquement celles que j’ai la capacité de réaliser. Rien de plus, rien de moins. “Votre Père Céleste sait ce dont vous avez besoin”.

Vers La Terre Promise vient de fêter ses 2 ans . Je ne peux que constater la richesse de ce que nous avons vécu en famille: unis autour d’un projet commun, un peu fou, chacun apporte sa pierre à l’édifice par ses précieux conseils, par le temps passé à l’atelier ou devant un écran d’ordinateur, par les colis, postés par les plus jeunes, les bracelets réalisés par les grands, l’emballage des objets, le bouche à oreille, la pub sur la cour du collège ou à la sortie de la messe… D’un point de vu pédagogique, les enfants peuvent constater qu’un grand voyage ne se finance pas en un jour, le travail s’incarne et prend un sens, nous apprenons la patience, la persévérance et l’abandon. Sur le plan humain, c’est aussi 2 ans de rencontres, de retrouvailles d’amis éloignés, de découvertes d’amis inconnus. J’apprécie particulièrement les petits mots, glissés dans les commandes, qui donnent vie à nos réalisations. J’ai en mémoire des grands-parents, que je ne connaissais pas et qui avaient acheté un bracelet qu’ils souhaitaient offrir à leur petite fille qui faisait sa première communion. Je les avais assurés de nos prières et la semaine suivante, ils m’ont écrit pour me raconter la joie de l’enfant, si heureuse de recevoir Jésus, le plus beau des cadeaux, et un petit bijou en souvenir de ce grand jour. Enfin, nous avons vraiment à coeur de prier pour toutes les personnes qui, d’une manière ou d’une autre, nous soutiennent et pour toutes celles et ceux qui porteront nos bijoux.

Je ne sais pas si nous pourrons partir un jour mais ce dont je suis sûre c’est que nous aurons tout mis en oeuvre pour tenir notre promesse et ça, nos enfant le savent. Peut-être n’irons nous pas en famille visiter la Jérusalem Terrestre, mais nous n’avons finalement qu’un seul et vrai désir: planter notre tente familiale pour l’Eternité dans la Jérusalem Celeste (si possible, centre-ville, au plus près du Bon Dieu :-)